Quels sont les effets d’un programme spécifique d’enseignement…

Nous travaillons en tant qu’enseignants spécialisés dans des institutions accueillant des élèves présentant une déficience intellectuelle. L’apprentissage de la lecture peut parfois être compliqué pour cette population d’élèves. Nous avons eu la chance d’être contactés par une chercheuse de le Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud afin de participer à une étude dans laquelle était développé un moyen d’enseignement de la lecture pour des élèves présentant une déficience intellectuelle. De suite, nous avons accepté cette proposition. La Haute Ecole Pédagogique du canton de Vaud encourage les étudiants à réaliser un mémoire à deux. Etant donné que nos élèves participaient au même projet pilote et que nos mémoires professionnels concernaient ainsi le même sujet, il paraissait pertinent de réunir nos efforts et de réaliser ce travail conjointement.

Quels sont les effets d’un programme spécifique d’enseignement de la lecture-décodage sur les compétences d’élèves présentant une déficience intellectuelle dans la connaissance des correspondances graphèmes-phonèmes ainsi que dans la lecture de syllabes et mots ?

Mémoire de Master présenté à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne pour l’obtention du Master of Arts et Diplôme d’enseignement spécialisé

Par Magali Jungo et Sébastien Delacroix


Enseigner la lecture à des personnes présentant une déficience intellectuelle (DI) est primordial et ceci quel que soit leur âge, afin de leur permettre une participation sociale en tenant compte de leur capacité à progresser. En effet, la lecture est un outil qui favorise l’autonomie et permet une ouverture sur le monde.

Il est donc essentiel que toute personne puisse atteindre un niveau de lecture fonctionnelle (Klinger-Delarge, 2013). La qualité de vie des personnes en général, et par conséquent des personnes présentant une DI, dépend du niveau de lecture atteint (Inserm, 2016).

Il n’est pas acceptable de penser qu’il soit normal que des élèves présentant une DI puissent sortir de leur scolarité sans savoir lire, si on se réfère au droit de chacun à être participatif socialement (Inserm, 2016).

L’école et en particulier l’enseignement spécialisé a donc un rôle à jouer dans l’apprentissage de la lecture. Ce dernier passe par le développement de bonnes compétences en littéracie. Elle englobe la dimension technique et la dimension sociale de la lecture (Martini-Willemin, 2013). Cette idée est consolidée par le fait que la progression des élèves présentant une DI est possible et cela à n’importe quel âge (Allor, Mathes, Champlin & Cheatham, 2009 ; Cèbe & Paour, 2012 ; Inserm, 2016). En effet, le potentiel de ces élèves est sous-estimé (Sermier Dessemontet & Martinet, 2016). Il est important de leur offrir des moyens dans le but de développer leurs compétences car les effets dits « plateau » sont souvent plus une conséquence d’une sous-stimulation que celle de la déficience intellectuelle (Inserm, 2016).

Au vu de ces éléments, nous pensons que tout le monde peut apprendre, à un niveau et à un rythme différent, en étant conscients que les progrès sont tributaires d’une connaissance fine des spécificités cognitives, d’un bilan des forces et des faiblesses des personnes présentant une DI et de la pertinence des interventions éducatives. En tant qu’enseignant spécialisé, nous avons la responsabilité de ne pas nous fixer de limites ou des à priori afin de fournir à nos élèves un cadre suffisamment stimulant, nécessaire au maintien ou au développement de nouveaux savoirs (Inserm, 2016).

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Nous remercions Madame Magali Jungo, enseignante spécialisée au sein de notre Ecole En Guillermaux à Payerne, et Monsieur Sébastien Delacroix de mettre à disposition leur travail de mémoire sur le site de la Fondation de Verdeil.